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Lettre Ouverte au Tandem Diomaye-Sonko: « La presse sénégalaise à l’agonie jusqu’à quand l’indifférence ( Par Kémo Dafé)

Lettre ouverte au tandem Diomaye–Sonko : La presse sénégalaise à l’agonie, jusqu’à quand l’indifférence

Par Kémo Daffé

Une presse fragile et sans moyens financiers est une proie facile à manipuler. Et c’est malheureusement la réalité que vit aujourd’hui la presse sénégalaise. Depuis plus de deux ans, les médias de notre pays évoluent sans appui de l’État, sans convention, sans accompagnement, sans perspective claire. Une situation alarmante qui menace non seulement l’avenir du secteur, mais aussi les fondements mêmes de notre démocratie.

Car une presse appauvrie est une presse vulnérable. Et lorsque l’État se retire, ce sont les multinationales, les groupes d’intérêts ou les puissances étrangères qui entrent en scène. À terme, ces acteurs économiques pourraient devenir les nouveaux bailleurs d’une presse sénégalaise exsangue — ce qui reviendrait à confier notre liberté d’informer à des intérêts extérieurs. Une dérive lourde de conséquences pour la souveraineté nationale.

C’est pourquoi le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko est interpellé. Vous qui portez le flambeau de la refondation et de la souveraineté, vous ne pouvez ignorer cette urgence. Il est temps de poser des actes concrets pour sauver la presse, non pas par des faveurs ponctuelles, mais par une politique publique cohérente, transparente et équitable, garantissant à la fois l’indépendance éditoriale et la viabilité économique des médias.

Mais ce combat ne doit pas être porté par les seuls journalistes. Là où le silence devient inquiétant, c’est du côté de la société civile et de ceux qui se réclament les « sentinelles de la démocratie ». Où sont passées ces voix fortes, toujours promptes à occuper les plateaux de télévision pour défendre la liberté et l’État de droit ? Pourquoi ce mutisme lorsque la presse, pilier de cette démocratie, s’effondre sous leurs yeux ?

Il ne s’agit pas ici d’un problème corporatiste. La liberté de la presse n’est pas l’affaire des journalistes seulement : elle est celle de tout un peuple. Car sans une presse libre, indépendante et forte, c’est le citoyen qui perd son droit à l’information, sa capacité à comprendre, à juger, à décider.

Aujourd’hui, chacun porte sa part de responsabilité : l’État pour son désengagement, certains médias pour leurs compromissions, la société civile pour son silence. Et pendant ce temps, le Sénégal, autrefois cité en exemple pour la vitalité de sa presse, s’enlise dans une inquiétante précarité médiatique.

Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, il est temps d’agir.
De redonner à la presse sénégalaise les moyens de sa mission.
De restaurer sa dignité.
De garantir son indépendance.

Car un pays sans presse libre et solide n’est qu’une démocratie en sursis.

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