Éducation

Déclaration de la Génération88(G88) sur la crise actuelle à l’Université

La Génération 88 (G88), regroupement des dirigeants du mouvement étudiant des années 80 et 90, porté par la coordination des étudiants de Dakar (CED), exprime sa vive et profonde inquiétude face à la crise qui secoue actuellement l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), menaçant le bon déroulement de l’année académique 2025 / 2026.

Forte de son passé de lutte ayant abouti à des acquis majeurs (unité d’action, création d’universités et renforcement des bourses), la G88 intervient pour briser ce qu’elle nomme le « cycle infernal » des crises universitaires récurrentes.

Fidèle à cet héritage et soucieuse du devenir des universités sénégalaises et africaines, elle suit avec une vive préoccupation l’évolution de la crise actuelle.

La G88 juge la revendication des étudiants (retard de paiement des bourses de Master et autres) comme légitime.
La crise, exacerbée par les affrontements consécutifs à l’entrée des forces de l’ordre dans le campus, révèle un malaise profond et structurel que l’absence de dialogue sincère et la « répression aveugle » ne font qu’aggraver.

Les causes fondamentales de la crise actuelle sont pourtant, déjà, identifiées :

>L’implémentation problématique du système LMD, qui surcharge les enseignants, perturbe les calendriers et fragilise les parcours étudiants.
>Le maintien du statu quo dans l’organisation académique malgré les outils numériques permettant d’alléger les semestres.
>L’orientation massive de bacheliers vers des universités en déficit de personnels, d’infrastructures et de capacités d’accueil.
>Les sureffectifs, en particulier dans les Masters, combinés au manque de débouchés professionnels.
>L’absence d’une véritable culture du dialogue et de la concertation, illustrée notamment par le long retard dans le paiement des bourses et la gestion sécuritaire excessive de la crise.

La G88 rappelle que ce sont, déjà, des retards dans le paiement des bourses qui avaient provoqué la répression sanglante et la création de la coordination des étudiants de Dakar (CED) en 1987 ou, encore le décès de Bassirou Faye en 2014, les semestres sacrifiés en 2023-2024.
Non seulement, ces crises laissent des traces indélébiles, mais elles sont sources d’énormes dommages humains et matériels évitables.

Pour désamorcer la crise, dans l’immédiat, la G88 lance un vibrant appel pour :

1)L’arrêt immédiat de toute violence, qu’elle provienne des étudiants ou des forces de l’ordre.
2)Le retrait sans conditions des forces de l’ordre des campus universitaires, garantissant l’autonomie et la sérénité dans l’espace académique.
3)La reprise immédiate d’un dialogue constructif entre toutes les parties (étudiants, autorités universitaires et tutelles).
4)La prise en charge efficace et rapide des étudiants blessés.

La Génération 88 préconise, également, l’établissement immédiat d’une Cellule Nationale d’Anticipation pour désamorcer pro activement les crises, complétée par des Concertations Nationales Annuelles pour traiter durablement des problèmes sociaux et pédagogiques.
Elle insiste sur le renforcement structurel de l’université (recrutement, infrastructures, régularité des bourses) et la création d’une Mutuelle des Étudiants (MEUCAD) pour stabiliser la situation sociale des étudiants.
L’histoire nous jugera sur notre capacité à briser ce cycle infernal.
La Génération 88 demeure totalement disponible, comme par le passé, pour contribuer : >à la médiation,
>à l’alerte précoce,
>à la stabilité durable de l’espace universitaire
Nous appelons chaque acteur, étudiants, autorités, enseignants et forces vives, à faire preuve de responsabilité, de retenue et de hauteur de vue.

Préserver l’Université, c’est préserver notre avenir commun.

Fait à Dakar, le 8 décembre 2025

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